Herbes en biais


Index des noms (articles isolés)

JOURNAL

Samedi 09 mai 2020

Mélite à feuilles de Mélisse, Melittis melissophylum, lamiacées
voir jardin ! L’encyclopédie

Nous remarquons cette fleur au bord de la route entre la Coudraie et la Péloiserie (Lavernat 72). Impression de ne l’avoir jamais rencontrée auparavant. Nous la trouvons sublime. Nous reconnaissons à la forme de sa fleur et à sa tige carrée qu’elle appartient à la famille des Lamiacées, mais ignorons son genre. Dans la Flore d’Europe Occidentale (éditions Arthaud, 1991) nous l’identifions à la page 333. Le site Wikyphyto (ici) annonce que cette Mélite à feuille de Mélisse a des propriétés “médicinales réputées identiques à celles de la mélisse mais de composition très différente, ce qui laisse suspecter d’autres propriétés”. Est-elle de sortie, cette année-ci, pour ses propriétés anti-inflammatoires ?

Vendredi 22 mai 2020

TCampanule raiponce, Campanula rapunculus, Campanulacées

Talus de route (exposé sud) en haut de la cote (montée à vélo) entre Rochemiette et la Galtière (Beaumont pied de Bœuf, 72) Une dizaine de pieds de campanules accompagnées d’autant d’abeilles. J’opte, sans trop hésiter, pour la campanule raiponce, mais la consultation des sites spécialisés me fait douter. ici S’agirait-il de la campanule fausse-raiponce ? Une vraie question qui motivera une prochaine balade.

Campanule et abeille

Rajout samedi 30 mai 2020 : prairie Coudraie ( Lavernat, 72), une des plantes du “pré”aux ânes” que ceux-ci délaissent. Plante si commune dans ce “prè” que je l’ai, aussi, longtemps délaissée du regard. Je n’imaginais pas, qu’un jour, je me pencherai sur elle pour la photographier et la nommer.

Jeudi 14 mai 2020

Orchis tacheté, Dactylorhiza maculata, Orchidacées.

Au bord de la route les Patis (Lavernat 72) en allant au bourg pour poster un chèque. J’hésite entre l’orchis tacheté ou de fuchs. La seconde a des feuilles rondes à la base. ici. (A vérifier lors d’une prochaine balade en direction du bourg). J’ai vu des feuilles pointues, mais je ne suis pas certain d’avoir saisi la différence entre ces deux espèces qui n’appartiennent toujours pas au genre des “orchis” (malgré son nom commun).

Rajout du jeudi 21 mai 2020 : la forme de la feuille basale est plus arrondie que celle des autres feuilles. Ceci indiquerait qu’il s’agit de l’orchis de Fuchs (et non pas de l’orchis tachetée) ici. Cependant, ce trait ne se remarque pas sur la majorité des autres orchis du site.

Mardi 12 mai 2020

Au bord de l’étang de la Coudraie (Lavernat 72). Les loges polliniques de ses fleurs, fortement arquées   /  \ la différencient de la platanthera bifola voir plus ici

Question à résoudre : les fleurs du platanthera sont-elles odorantes ?

Rare et localisée.

Samedi 16 mai 2020

Polygala chevelu, Polygala comosa Polygalacées

19h : aperçue lors de la fauche de grandes herbes dans une petite prairie de la Coudraie (Lavernat, 72). On peut la confondre avec la polygale commune ; j’opte ce soir pour la polygala chevelue car ses feuilles “sont plus grandes sur le haut de la tige que sur le bas”. Ici

Mercredi 27 mai 2020

Digitale pourpre, Digitalis purpurea, Scrofulariacées

Pas d’hésitation pour nommer cette digitale poussant sur un talus à la Coudraie (Lavernat, 72). La photo me fait découvrir un trait botanique que je ne voyais pas à l’œil nu : “la fleur de la digitale “a une lèvre inférieure poilue à l’intérieur et sur le bord” La flore de l’Europe occidentale (Arthaud 1991). L’abeille semble ignorer la très très haute cardiotoxicité de la digitale ici

Samedi 30 mai 2020

Ancolie commune, Aquilegia vulgaris, Renonculacées

Bord d’étang de la Coudraie (Lavernat, 72). De loin, la silhouette du port des fleurs, me fait songer à une campanule. Mais de près, les feuilles me font comprendre qu’il s’agit d’une ancolie. La flore d’Europe (Arthaud) vient de m’apprendre que “cette ancolie s’hybride souvent avec d’autres espèces dans les jardins dont elle s’échappe fréquemment, ainsi que les formes à fleurs doubles, pour se naturaliser”. C’est du joli !



Centaurée noire, Centaurea nigra, Astéracée

Prairie Coudraie ( Lavernat, 72), une des plantes du “pré”aux ânes” que ceux-ci délaissent. Plante si commune dans ce “pré” que je l’ai, aussi, longtemps délaissée du regard. Je n’imaginais pas, qu’un jour, je me pencherai sur elle pour la photographier et la nommer.

Jeudi 04 juin 2020


Herbe de Jupiter, Lilas d’Espagne, Valériane rouge, Centranthus ruber, Caprifoliacées

Rue du pied sec, le Mans (72). Au pied d’un trottoir. Pause pédagogique, légèrement hypnotisé par la présence d’une fleur si vive dans ce quartier si terne. De quel jardin s’est telle échappée ? Me vient le souvenir de quelques valérianes officinales cultivées dans un jardin d’aveugles. Un souvenir échappé d’un autre moment pédagogique tout autant hypnotique.

Mercredi 15 juillet 2020

Scrofulaire à oreillettes, Scrophularia auriculata, Scrofulariacée

Photographié le premier dimanche du déconfinement le 19 mai au bord du Loir (Château du Loir, 72) lors d’un pique nique, après une balade en vélo de plus d’une heure. La fleur (en haut à gauche) est plus discrète que son bouton. Ou alors est-ce le bouton qui tend à s’enflammer ? Ses ancêtres soignaient les scrofules (inflammation de la peau, muqueuse, ganglion) ; et nos ancêtres confi-assiégés en 1627 à la Rochelle ont souffert de ne pouvoir l’utiliser ici. D’où l’un des ces surnoms (Herbe du Siège), d’où cette impression de s’asseoir, lors de ce pique nique, en bonne compagnie.


Stellaire graminée, Stellaria graminea, Caprifoliacées

Photographié mi-juin, pelouse de la Coudraie à Lavernat (72). Difficilement photographiable sans un petit zoom, difficilement consommable, aussi, selon le blog sauvagement-bon ici En la voyant si petite, cela ne m’était pas venu à l’idée. (Ses cousines stellaria média et holostée (au goût d’épinard ou de noisette selon si elle est cuite ou crue.) Information pour plus tard : mieux vaut éviter de l’emporter à Saint Pierre et Miquelon (c’est interdit). Pour l’heure, voir léviter ces étamines dans ce système stellaire : il y a t-il mieux ?

Vendredi 19 juin 2020

vipérine commune, Echium vulgare, Boraginiacées

Lors d’une balade en vélo, cette vipérine au bord d’un pont d’autoroute (Lavernat, 72). Cependant, pas au bord de l’asphyxie : la montée en vélo reste douce tout comme le déconfinement du trafic routier Une fleur est rieuse, les autres aux aguets. Les vipères sont peut être proches, mais avec elle, gardons le sourire. Commune vipérine pour les blessures externes, comme sa cousine, elle consoude.

Lundi 20 juillet 20

Véronique agreste, Véronica agrestis, Scrofulariacées
Véronique agreste, Véronica agrestis, Scrofulariacées

20/07/20 : (agrestis : champêtre, rustre voir inculte ) Véronique photographiée le mois dernier dans une prairie broutée par des ânes (la Coudraie, Lavernat, 72). En la photographiant, m’est venu le souvenir d’un court dialogue avec Clotilde Boivert ici lors d’un stage d’herboristerie en 2000 dans le Cantal. Elle : “quelle est cette plante ?” Moi : “une véronique !” Elle : ” oui, mais laquelle, quelle est cette véronique ?”. Ai donc aussi photographié ses feuilles. C’est une véronica agrestis, madame Boivert.

Lundi 17 août 2020

Pâquerette, Bellis perennis, Composées

Photographiée en juin 2020 au bord de l’étang de la Coudraie (Lavernat, 72).

Lorsque je vois une Bellis perennis, je vois aussi nom latin. (Son autre nom, “pâquerette”, me semble moins familier.) Souvenir vivace d’un premier nom latin apprivoisé ; premier nom d’une liste d’autres plantes vivaces apprivoisées comme des bisannuelles par le monde horticole. À la toute fin de la petite liste : le “myosotis” (en latin comme en français) que je n’ai pas, non plus, oublié.

Wikipédia vient de m’en apprendre de belles sur la pâquerette : elle ne fleurirait pas qu’à la période de Pâques, mais toute l’année et d’abord dans les pâturages (les pasquiers) ; je crois que, même avant de déclamer mon français, je m’en étais rendu compte.   

Elle soigne les femmes et les guerriers. Elle est l’ancienne nymphe Belides qui a, ainsi, échappé aux “assiduités” du dieu Vertumne. Sur les champs de bataille (Bellum), elle tombe à pic pour soigner les blessures profondes.  

Jeudi 24 septembre 2020

Lychnis fleur de coucou, Silène flos-cucili, Caryophyllacées

24/09/20 : photographiée en juin 2020 au bord de l’étang de la Coudraie (Lavernat, 72). Il faut tout de suite dire que la photo n’est pas floue. Lychnis fleur de coucou tend simplement à disparaitre. Elle devient de moins en moins visible à mesure que les zones humides disparaissent : elles aussi. Solidarité touchante. Dans cette famille de caryophyllacées, le genre “lychnis” a été mangé par celui des « silènes » : de vrais “gros pleins de soupe” (comme on dit dans ma famille). Lors d’un banquet, le bel Alcibiade a traité le laid Socrate de « Silène » (ce qui n’est pas très gentil). De son côté, le président Macron s’est moqué, ce mois-ci, des “lampes à huile”. Je ne l’ai pas dit à cette fragile Lychnis fleur de coucou dont la cousine coquelourde fut longtemps de mèche avec les lampes à huile. Lychnis signifierait « lampe », et coucou, « coucou ». Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup et dans la forêt lointaine, on entend le coucou.

Mardi 27 octobre 2020

Raisin d’Amérique (ou Teinturier) Phytolacca americana, Phytolacée

19h30 : photographié, hier matin, dans une partie de forêt lavernaise où des châtaigniers ont été abattus il y a deux ans. Une zone à conquérir : c’est typiquement le genre de lieu qu’affectionne le raisin d’Amérique. Des Européens du 19ème siècle l’ont fait venir du nord de l’Amérique. Lorsqu’ils ne confondaient pas cette plante avec une autre, ils la trouvaient jolie. C’est vrai que sous les tonnelles et dans les vins trop clairs, “mon Dieu qu’elle était jolie !” Mais aussi très purgative, voire mortelle. Dans ces temps anciens, on n’avait rien sans rien. Aujourd’hui, tout le monde sait (et depuis cet après-midi, moi aussi) que cette plante est à la fois très invasive et très toxique. À l’instant, petit débat autour du poêle, avec Anne, sur le sort que l’on doit donner à une phytolacca qui pousse près de notre pompe à eau. Anne me propose de lire un livre de Gilles Clément avant de sortir la faux. Le temps d’écrire ces lignes, je n’ai pas mesuré que la nuit était en train de tomber. Grâce au changement d’heure, « notre » raisin d’Amérique va pouvoir dormir tranquille.

Jeudi 19 novembre 2020

Fusain d’Europe, Euonymus europaeus, Celastracées

Il y a quelques jours et à quelques centaines de mètres du raisin d’Amérique, j’ai photographié ces fruits de fusain d’Europe. Il semble, ici, à Lavernat comme dans toute notre Eurasie, plus à son aise, plus en nombre et plus en odeur en sainteté. On dit que les pucerons noirs de la fève le vénèrent et que la fève, elle-même, s’en énerve que mollement. On dit que quoi qu’il fasse, on lui pardonne tout et que lorsque l’automne arrive, le Bon Dieu coiffe chacune de ses graines (maladroitement, je trouve) d’un bonnet d’évêque. Quoi qu’il fasse ? Mise à part cette consécration automnale, je me demande ce que fait le fusain fout tout le reste de l’année dans la lisière de mon bois. Je le soupçonne de simplement « pousser ». Les fusains grandissent vite et vivent peu de temps. Ceux qui gouteraient une trentaine de ses fruits, aussi. J’ai lu cela dans un livre de Jean Bruneton. Dans un autre livre, celui de Pierre Lieutaghi, j’ai appris qu’à la moitié du dernier siècle dernier, il y avait des enfants en France qui savaient encore « que l’on ne touche jamais à ce qui est poison, la massue, le vermillon du pied-de-veau, les bonnets d’évêque du fusain, les boutons d’or, les cigües du fossé ». Mort, le fusain trouve enfin à s’occuper. Sa toxicité naturelle lui ayant épargné, vivant, pas mal de parasites, il s’est évertué, par le passé et par-delà son trépas, à trucider les poux sur la tête des enfants puis, par des ricochets épou-vantables, sur la tête des évêques qui ne savaient toujours pas, même à la moitié du siècle dernier, que l’on ne touche jamais à un enfant. Après trente minutes dans les flammes (à l’abri de l’enfer dans une boite en fer), le fusain ressort tout disposé à inventer la couleur noire et à nous rappeler qu’il est de la famille des “c’est là ce tracé”. Il doit son nom commun au fuseau que l’on fait tourner de la main droite si l’on est droitier et si l’on souhaite filer un beau coton. Dans ce cas-là, la main gauche tiendra fixement la quenouille. Un vrai travail de fourmi ! Avide de pucerons et de noire, ce sont d’ailleurs elles qui se chargent de disperser et de semer les graines des futurs fusains qui sont certainement en train de germer à l’orée de mon bois.

Bertrand Crépeau Bironneau

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