Séminaire sur la nouvelle classe écologique, 17 e séance : vote de conviction pour Jadot !

Université de Sainte Gemme. Séminaire sur la nouvelle classe écologique, dix-septième séance, mercredi 6 avril 2022, 17 h.

Gilles : Cela fait vraiment longtemps que nous ne nous sommes pas réunis. Nous sommes à quatre jours de l’élection présidentielle française. Il m’a semblé nécessaire de nous retrouver pour discuter de la situation de chacun. Ces derniers temps, au niveau mondial, l’actualité écologique est marquée par le rapport du GIEC sur le réchauffement climatique et par la destruction de l’Ukraine par Poutine, les risques de voir les Russes empêcher les semis et les récoltes de blé, donc affamer une grosse partie de la planète dès l’été, tout particulièrement les pays pauvres. Cela nous donne des responsabilités.

Roby : Sur le plan local, à Sainte Gemme, nous avons eu deux ou trois nuits très froides. La température est descendue trois jours de suite nettement en dessous de zéro et nous craignons que les arbres en fleurs du fait des beaux jours de mars (les abricotiers, amandiers, pruniers, cerisiers et même certains pommiers) ne donnent pas de fruits cet été.

Remi : C’est vrai que depuis huit jours, le travail au jardin était suspendu. Je n’y suis retourné que ce matin.

Véronique : Tu as tout de même fait des semis à l’intérieur.

Remi : Oui. Heureusement. Mes semis de tomates sont bien sortis. J’ai attendu que l’on sorte du gel la nuit pour préparer l’installation des pommes de terre dans le jardin. Les échalotes commencent à sortir, mais il me faut encore installer les oignons de printemps.

Roby : Il reste pas mal de salades d’hiver. Elles commencent à monter. Les premiers oignons mis en place à l’automne ont traversé l’hiver. Nous avons aussi beaucoup de persil, des choux.

Franziska : De quoi concevoir des assortiments de salade. Remi, toi qu’on surnomme par ici « le roi de la salade », comment composes-tu tes salades ces jours-ci ?

Remi : Le jardin donne beaucoup de mâche sauvage. J’en redescends à chaque fois que je monte au jardin. J’y rajoute un peu de trévisse (une excellente salade d’hiver), J’ai aussi de la rucola ou rouquette, mais son parfum très fort ne plait pas à tout le monde ; je rajoute quelques feuilles de laitues qui ont survécu dans mes serres, du persil, des fanes d’oignon, des betteraves rouges que je fais cuire au vin rouge, quelques pommes de terre. Si l’on me rapporte un avocat de Dormans, j’en rajoute pour varier les compositions d’un jour à l’autre. Je puis aussi rajouter quelques champignons. J’ai aussi de la frisée pour faire une salade au lard.

Franziska : Pas de tomates ?

Remi : Pas pour le moment. Je n’en achète pas. J’attendrai celles du jardin. En revanche : beaucoup de poireaux. Ils se reproduisent tout seul. Je les transplante pour les desserrer. On en a eu tout l’hiver, grâce à Sam, un jeune garçon qui m’aide à en entretenir un carré.

Véronique : Moi, je n’ai pas commencé le jardin. Je suis surmenée au niveau du travail.

Gilles : Vous suivez ce qui se passe au niveau national et international ?

Le groupe : Oui !

Lucie : C’est monstrueux ! Crime de guerre sur crime de guerre ! Bombardements sans discernement, tortures, viols, assassinats d’enfants, meurtres de civils ligotés avec une balle dans la tête, destruction d’œuvres d’art, de monuments, de villes entières, vols. Les armées russes surpassent toutes les horreurs que nous avons pu connaître de la part de nos plus sales envahisseurs depuis l’Occupation de la Champagne par les Anglais, les Prussiens, les Allemands, les Nazis… Quand je pense qu’Alexis Corbière, pour nous inviter à avoir confiance dans le maître du Kremlin qu’il vénère, disait juste avant l’invasion que le Poutine d’aujourd’hui n’est pas le Poutine d’hier !

Roby : Lorsqu’ils sont entrés dans le Donbass, lorsqu’ils occupaient une ville, les Russes avaient des listes de personnes à arrêter, à assassiner. Cette invasion a été minutieusement préparée.

La tanguera : Quand je pense que la veille de l’invasion, Mélenchon nous assurait que Poutine était pacifiste et qu’il n’envahirait pas l’Ukraine !

Alain : Il n’était pas le seul à mentir pour aider Poutine à jouer de l’effet de surprise. Poutine est dans la duplicité, comme Mélenchon, Julien, Benoît… Aujourd’hui, on nous fait croire que ce sont les Ukrainiens les criminels. Mensonge et duplicité sont les indicateurs d’un face-à-face avec un Poutinien.

Remi : Malheureusement, avec la complicité de nombreux « camarades », ils nous préparent la même chose ici. Ils font dresser des listes de personnes à empoisonner ou à envoyer en Sibérie, lorsqu’ils occuperont Paris. Heureusement, les Européens commencent à renvoyer des diplomates russes. Mais le FBS a déjà installé sa 5° colonne dans nos institutions, à la FI par exemple, même chez les Verts. Dans la Marne, ils ont installé deux Poutiniens pour nous infiltrer. Nous les avons démasqués parce qu’ils sont vraiment infantiles. Alors qu’ils ont brigué ou briguaient des investitures chez nous, ils ont appelé publiquement à voter pour le lider proximo. Inutile de dire que l’on se méfiera d’eux !

Roby : Si la résistance ukrainienne plie, en tant qu’Alsacien, je crains que ce fou de Poutine envahisse Varsovie et vienne jusqu’à Paris.

Remi : Ce qui me frappe, c’est la guerre sur les réseaux sociaux. Dès que tu manifestes ta répulsion pour le martyr de Marioupol, tu as des robots qui envoient des messages pour dire que ce sont les Ukrainiens qui bombardent leurs villes et si tu réponds « mensonge », on te dit que tu es un agent de l’ambassade des États-Unis.

Franziska : Tu n’es pas un agent des États-Unis ?

Remi : Je ne crois pas en avoir donné les preuves. Si je suis traduit en russe et en kazakh, je me suis toujours refusé à publier en anglais !

Franziska : Pourquoi ?

Remi : Une certaine défiance par rapport à l’impérialisme américain. Depuis toujours, je défends la francophonie. J’ai travaillé soixante ans à la réconciliation franco-allemande, à travailler à la construction européenne… Poutine est contre l’Europe, contre l’Allemagne. Son ami Mélenchon se bat contre l’Allemagne. Il voudrait que l’on relance les guerres franco-allemandes. Il est acharné contre l’Europe. Et, parce que l’on est de « gauche », il faudrait rentrer dans ses délires ? Je ne supporte pas le harcèlement des mélenchonistes, depuis plus de six mois, pour faire voter pour « le candidat de gauche le mieux placé », alors même que l’on ne connaissait pas les candidats. Mélenchon a vicié le scrutin. Les personnes qui se laissent embobinées sont complices de Poutine et de ses crimes de guerre. Il y en a de bonne foi, des naïfs manipulés, mais celles et ceux de mes connaissances qui ont bénéficié jusqu’à maintenant d’une solide culture militante ou politique, s’ils votent Mélenchon, je romps avec eux… Une amie de ma femme a essayé de me vendre sa propagande. Je ne remettrai jamais les pieds chez elle et lorsqu’elle viendra chez moi, je quitterai la maison. En dehors du manque de tact de sa part, c’est une erreur politique grave.

Roby : Et si c’était Charlotte ?

Remi : Je ne puis me représenter cette éventualité. Charlotte est trop intelligente.

Roby : Mais imaginons la situation. Elle t’annonce qu’elle a voté Mélenchon !

Remi : Pareil. Je romprai avec elle. Notre famille a trop souffert de l’occupation prussienne en 1870, des bombardements allemands pratiquement quotidiens entre septembre 1914 et novembre 1918 (j’en relis les traces à travers les milles lettres familiales échangées durant la période). La maison de mon père a été détruite, alors qu’il avait cinq ans. 22 maisons dans lesquelles étaient des miens ont été détruites. Reims fut la première ville martyr, exactement comme Marioupol aujourd’hui. Mon père a été prisonnier sept ans à Mosburg entre 1939 et 1945 ; mon oncle Lucien a été déporté à Dachau, sur dénonciation d’un collaborateur. Il a été torturé par la Gestapo. On sait que Mélenchon veut désarmer la résistance ukrainienne. Pourquoi travaille-t-il à la résurgence de l’impérialisme russe ? Chez lui, cela doit relever de la psychiatrie. Depuis des années, il fait le jeu de Poutine et les chaînes de Bolloré ou les robots de l’ambassade de Russie font sa propagande. Si ma fille Charlotte votait Mélenchon, c’est sa liberté. Je respecte cette liberté. Mais en ce qui me concerne, je ne remettrai jamais les pieds chez elle. Évidemment, je quitterai Mordida le jour même ! Et si l’on me prend pour un fou, j’irai à Marioupol ou à Odessa que je ne connais pas encore, pour me battre aux côtés des résistants. A 75 ans, il n’y a pas de plus belle mort que de mourir pour la liberté et le droit à l’autodétermination des peuples !

Roby : Je sens que tu seras difficile à manipuler par un hologramme du magicien olfactif…

Remi : Écoute. J’ai trop fait la théorie des communautés de référence, de l’intérité, forme de l’intimité à plusieurs, pour penser que l’on puisse vivre ensemble avec des personnes qui n’aspirent qu’à la dictature, au meurtre de masse, au viol des femmes et au massacre des enfants parce qu’ils crient de voir tuer leur mère. Je ne pourrais continuer à cohabiter avec des personnes qui, par leur inconséquence politique, se rendraient complices de ces crimes !

Roby : Tu risques de te retrouver très seul.

Remi : D’abord, je vous ai vous, les écologistes de Sainte Gemme. Notre groupe est un rempart contre la bêtise. D’autre part, je n’ai jamais craint la solitude. J’écrirai. Je partirai sur le front proposer mes services. Je ne sais pas manier les armes, puisque j’ai refusé de faire mon service militaire, mais j’apprendrai. Et si l’on me jugeait incompétent ou trop vieux pour servir pour la liberté les armes à la main, je m’installerai à la frontière. J’aiderai les Polonais dans leur solidarité extraordinaire avec les Ukrainiens.

Lucie : Plutôt que d’imaginer ton martyr, tu devrais plutôt écrire un ouvrage sur Reims, ville martyr ! A travers tes écrits de famille, tu disposes du corpus nécessaire et peut-être suffisant pour écrire cet ouvrage !

Remi : J’ai trouvé un éditeur. Je suis en train de produire ce livre. Depuis le début de l’invasion et les bombardements russes, je revis toutes ces souffrances vécues par les miens dans ces circonstances. C’est un peu pour cela que j’ai été silencieux ces derniers jours… Mais je ne veux pas en parler !

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