Verdaille (74)

DOCUMENT N°74

Sources : Journal de bord Coudraie, 08/08/2014


Pas si loin de la grisaille de la ville :
la verdaille de la campagne

Vendredi 8 août 2014 : la verdaille, je l’ai senti ce matin. La verdaille, ce n’est pas la verdure, c’est la nature moche. À l’automne et au printemps, et encore plus en hiver, la verdure est dans un rythme facile à saisir : vert noir, vert clair, vert foncé, vert grillé. En ce mois d’aout humide, c’est l’explosion. Il y a trop de rythmes et de verts mélangés. Mes tentatives d’écrire de belles choses, ce soir, sont dérisoires. Malgré mes efforts pour décrire cette journée, il reste cet espace vert boueux, moche, un peu zonard, verdard, verdaille beaucoup trop entrevu lors de ma balade quotidienne. La grisaille, pour le milieu urbain tout sale et triste. La verdaille, pour le milieu rural avec ces tracteurs en panne, ces cabanes pas bien foutues , ces cours de fermettes mal rangées. La verdaille contredit la verdure, tout comme la brume de l’esprit contredit la clarté philosophique. Verdaille et verdure se chamaillent dialectiquement. C’est ce que ne peuvent saisir ceux qui passent trop peu de temps au « vert ». Ils ne voient pas comment un rayon de soleil fait basculer la victoire du côté de la verdure au milieu d’une lutte qui ne cesse jamais.

Bertrand Crépeau Bironneau

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