Reflet de campagne

Dimanche 12 juillet 20

Prise de mesure

L’objet de la géographie humaine n’est pas, pour Claude Raffestin, « l’espace », mais la pratique et la connaissance que les hommes ont vis-à-vis de cet espace. Ainsi, les gens doivent « pouvoir disposer des instruments théoriques qui leur permettent d’analyser les relations de pouvoir qui caractérisent le corps social dont ils sont membres ». L’instrument du journal de bord me semble faire partie de ces instruments d’analyse que ne cite pas Raffestin. Il évoque, à défaut, le rêve éveillé d’une « géographie de l’autonomie » qui permettrait à tout membre d’une collectivité « territorialisée » (elles ne le sont pas toutes très clairement) d’en prendre la mesure à travers le vécu quotidien. Cette « prise de mesure », je le comprends ainsi, n’est pas uniquement topographique : elle concerne la mesure que tout un chacun peut opérer vis-à-vis des territoires, leurs conçus, leurs ressources, leurs possibles, mais aussi de leurs impossibilités et incompréhensions que provoquent les emprises et les prises des pouvoirs plus ou moins temporaires.

Journal de bord politique

La pratique du journal de terrain (terragraphique donc) fait confronter le diariste à ces zones d’écriture où le possible et l’impossible s’emmêlent les pinceaux. Que puis-je écrire, par exemple, après notre défaite électorale à l’élection municipale l’autre soir ? Nous l’avons fêtée dignement, nous avons ri comme des baleines, j’ai bu deux verres de « Perrier ». Depuis 2014, j’utilise la pratique du journal pour prendre la mesure de mon rapport à des territoires électoraux dans lesquels je me suis trouvé très concrètement impliqué : ma commune, mon département, ma région (maigre bilan : une victoire, trois défaites). Aujourd’hui, ce journal politique compte près de 170 000 mots soit environ 700 pages (interligne 1.5). L’ensemble est-il publiable dans l’état ? Il faudrait interroger l’État.

À propos de ce journal, je suis partagé : je me dis que je pourrais faire l’effort de lui donner un aspect convenable en l’éditant sous la forme d’un petit livre (au nom de sa subjectivité et des horizons qu’il explore). Je me dis aussi que ce journal a seulement un intérêt pratique en situation (pour ne pas subir, notamment, les objectivations du pouvoir figé). Je me rassure : les connaissances et la pratique qu’explore ce journal entrent en résonance (au moins partiellement) avec les connaissances et les pratiques que produisent ou consomment les espaces concernés. Technique d’écriture contre tectonique d’investiture : mon journal n’est pas totalement à côté de la plaque. Il s’intéresse, comme moi, aux espaces politiques « bornés » (au sens propre et figuré) : comme moi donc.

Géographie instituée et instituante

La lecture de Raffestin me conforte (mais en avais-je besoin ?) dans ce constat que toute la pratique et la connaissance du moment politique ne se limitent pas aux espaces institués comme tels. Elle me renforce, aussi, dans cette impression que les espaces craignent « notablement » (idem, au sens propre et figuré) la production d’une connaissance et d’une pratique politique. 

Pendant ces six dernières années, j’ai tenu ce journal sur l’espace politique vu du côté de son institution territoriale. Côté peu épanouissant. J’ai beaucoup soupiré pour faire parler cette zone d’analyse étouffante. En comparaison, j’ai trouvé plus plaisant d’écrire, par exemple, sur les balades avec mon épouse dans une territorialité que nous n’avons, « pas à pas » — non pas subi — mais inventée.

(Il me faut dire que cette appropriation (spatiale) fut facilitée par la situation géographie de notre maison, à l’orée d’une forêt [et au carrefour de trois communes administratives] propre à explorer la vie de village sous le registre pluriel de la transversalité et de la dissociation. Il me faut dire qu’au regard de notre politique (domestique) de « vies » de village, la « vie » de village telle qu’elle est produite à travers la politique préfectorale est plutôt « blafarde » en termes de pratique et de connaissance. Pour forcer le trait, je dirais que : se sont présentés à moi, pendant ces six années, d’un côté, des bouillantes zones d’analyses et de pratiques villageoises [temporaires et dissociées] et de l’autre, une froide zone de préconçus et de procédures communales [instituées]).

Au détour de cette petite enquête de terrain, j’ai pu remarquer que la vie associative villageoise ne « penche » pas nécessairement du premier côté (instituant). Je dis cela, car ce fut, pendant ces six années, l’une des mystifications de mon bassin de vie qui m’a le plus bassiné. Au détour, donc, je tiens à faire cette remarque : la vie associative peut se figer, tout autant qu’un conseil municipal, sur une logique étatique et rejeter, ainsi, la possibilité d’une analyse et d’une pratique respirable (président « pompeux », réunion de « bureau » irrespirable). Je pourrais dire la même chose à propos de lieu de travail prétendument alternatif : un certain lieu où se pratique le maraichage biologique notamment.

Géographie immédiate

Les systèmes de relation (tels que les questionne Raffestin) s’actualisent, pour une part, dans des prises de pouvoir situées. Pour l’autre part, ces systèmes gardent, comme en réserve, leurs potentialités, c’est-à-dire leurs ressources (elles aussi situées). Cette « actualité » et ce « plausible » ne sont que des systèmes extrêmes quasi insaisissables : trop rigides ou trop volatiles, trop présents ou trop absents. À défaut, et comme par malheur pour les structuralistes, ce qui est quasi saisissable, c’est plutôt l’apparence molle et intermittente de l’ancrage terrestre de ces systèmes de relation.

Même si Raffestin n’évoque pas, explicitement, dans son livre la pratique de ce que l’on pourrait nommer le journal géographique, il propose une modalité de connaissance qui la rejoint : « la géographie doit savoir être “immédiate”, elle doit savoir se pencher sur les “faits divers” comme on dit en langage journalistique ». L’écriture de cette banalité ne peut emprunter ni le système de l’écriture purement bureaucratique ni celui de l’écriture purement artistique. Elle ne peut provenir que d’une écriture hors système (comme on dit) : une écriture banale, sans importance, journalière, routinière.

Tragédie d’un espace immédiatement produit et consommé (ébauche)

 Raffestin ne surprend pas le moindre diariste en écrivant que « le moindre fait banal peut montrer son « extrême signification lorsqu’il se répète avec une certaine fréquence, car il renseigne sur les structures ou sur les changements de structure. » Il arrive, en effet, que le diariste décrive un fait banal lorsqu’il survient ; il arrive, aussi, que ce diariste se répète les jours suivants. Une fréquence, un rythme se dégage, montrant un changement de structure que le diariste aura « quasiment » accompagné.

L’agencement, les systèmes de relation des mots, puis des phrases écrites à la va-vite, au jour le jour, dans le détour des structures académiques ou esthétiques, créent un texte à la forme incertaine. Le pouvoir n’est pas totalement figé en lui. Ni le possible d’ailleurs. C’est une autre expression géographique qui se lie, délie et délite : un peu comme la tragédie d’un milieu immédiatement produit et consommé. Il me faudra revenir sur cette idée.

Valeur d’usage et d’échange de l’expression écrite

J’ai, pour l’heure, envie de faire un lien entre la géographie du pouvoir et la géographie de l’écriture. Raffestin consacre un chapitre de son livre sur le lien entre le langage et le pouvoir. Je ne l’ai pas trouvé d’une grande aide. Sa lecture d’Henri Lefebvre lui fait distinguer les mots (messages, expressions) qui ont une valeur d’usage, de ceux qui ont une valeur d’échange (la valeur d’usage vise la communion intériorisée (communautaire), la valeur d’échange vise la communication extériorisée (sociétale).

Scrupule & communication

Dans notre équipe de candidats à l’élection électorale, nous nous sommes questionnés sur cette dialectique. Devions-nous, par exemple, être uniquement stratégiques en produisant de la communication, ou devions-nous montrer nos mails internes et notre journal de bord collectif ? J’étais — un peu seul — favorable à la socialisation, la plus large possible, de l’usage que nous faisons de notre « communion intériorisée ». Il me semblait que cet usage avait une réelle valeur. Il se confondait avec notre souhait de donner de la valeur aux moindres usages du pouvoir municipal. Mes amis colistiers ont éprouvé du scrupule à communiquer à propos de lui. Ils étaient tellement en communion avec cet usage (de l’expression vue comme usage) qu’ils ont refusé (particulièrement lors de la communication du second tour) de miser sur la valeur d’échange de la communication« payante » d’un point de vue électoral. (Nous nous sommes ainsi, contentés de relater les suggestions des habitants objectivement recueillies lors de deux réunions publiques).

L’écriture et la vérité

Dans un territoire rural, le recours à l’écriture est particulièrement délicat. Les mots (et plus prosaïquement l’imprimeur) « sont » de la ville. On joue à s’en méfier et à les défier. On crée un espace de pratique et de connaissance vis-à-vis de l’écriture que l’on utilise, (par souci d’une modestie intellectuelle), principalement sous son aspect juridique (dans un village, l’imbrication des parcelles rend banal les échanges à propos de l’écriture de droits de passages, de droit et devoir de servitudes, de contraintes…). C’est sous un angle transcendant que l’on honore l’écriture tout en gardant sa distance avec elle. L’écriture du droit rural est typiquement l’écriture « du » pouvoir ou plutôt l’écriture « comme » pouvoir. (Performativité en acte : elle enchaine, comme par enchantement, les ares cartographiés avec les sceaux notariés). Cette forme d’écriture « canonique » (où la vérité s’affirme sans contradiction) n’est évidemment peu propice à la réflexion (ce n’est pas son objet). Elle s’oppose à l’écriture « chaotique » où la vérité d’un texte n’est évidemment que celle de son auteur qui se demande, par exemple, « qu’est-ce que je vois et que les autres ne voient pas ? » Un auteur qui n’est pas donc en mesure de décrire la vérité « en soi », qui ne peut que dire comment la situation le traverse quasi -subjectivement et objectivement.

L’écriture comme gage ou engagement

Dans mon village, la liste « concurrente » a assis sa communication sur ce registre de l’écriture transcendante. Elle a utilisé des codes classiques liés à la légitimité, l’identité, la légalité (même si son utilisation des couleurs bleu blanc rouge était, paradoxalement, illégale). Ce faisant, elle a aussi communiqué sur le bon sens rural : ce bon sens qui sait entretenir une distance vis-à-vis de cette écriture (de la ville) vue comme un simple support d’échange, de transactions. De notre côté, notre liste a montré un « bon sens » plus urbain en ayant la délicatesse de se contenter de l’expression des habitants qu’elle avait consulté. Elle a eu à cœur de redonner une valeur d’usage à l’expression politique. Plutôt que de choisir des formulations comme « gages » d’une autorité, elle s’est « engagée » avec elles et par elles. Revers de ce choix, le lecteur électeur ne pouvait pas vraiment imaginer une distance entre ce qui était écrit et ce qui se pratiquerait. Il pouvait, à raison, craindre qu’une fois élue, la liste ne prenne pas, sans lui, les « clefs de la mairie ». S’il savait combien il est facile de se jouer d’une expression « autoritaire », il imaginait difficilement la tâche qui l’attendait en adhérant à une expression « démocratique » (au sens de Lewin). 

Objectivité et subjectivité caricaturés

Je caricature à peine les oppositions. Je m’appuie simplement (avec mauvaise foi) sur le contenu des « professions de foi » des deux listes, caricaturant, lui même, leur propre rapport à leurs graphes et à leurs terres. Une liste a mis en avant la valeur d’échange de la subjectivité légaliste, identitaire, privée (caricature de la subjectivité). L’autre liste a mis en avant la valeur d’usage de la parole uniquement publique (caricature de l’objectivité). Ces deux pratiques caricaturales ont littéralement confiné l’écriture (dans un espace soit totalement privé, soit totalement public). Au mois de mars dernier, la mise en suspend de la campagne électorale me sembla propice à un déconfinement, au moins partiel, de cette écriture de campagne. Le 17 mars 20, j’ai ainsi déposé un extrait de mon journal de campagne sur le site internet public de notre liste. 

Déconfinement de l’écriture

Posté le 17 mars 2020 par Bertrand

mardi 17 mars 2020

8 h 10 hier, Gisèle m’a écrit qu’elle était assez surprise des résultats de dimanche. Cela la met « mal à l’aise » vis-à-vis de notre équipe. Elle ne veut pas « passer » pour une individualiste. Elle me dit aussi qu’elle a vu le maire sortant : celui-ci lui a assuré que les résultats ne seraient pas validés. « Il n’était pas content ». Même si notre liste ressort en tête, je partage le mécontentement d’Auguste. Ces élections auraient dû avoir lieu hors d’une période de quasi-confinement. Lavernat peut attendre encore quelques mois pour changer de système de gouvernance. Je ne suis pas allé lire les infos ce matin, je ne sais pas quelles dispositions vont être prises. Je me dis que la suspension de l’élection finale est une chance pour notre village. On va pouvoir encore mieux se préparer collectivement, encore plus réfléchir sur nos priorités. On va pouvoir poursuivre la discussion.

En lisant les résultats de Lavernat, je me suis dit que nos trois listes pourraient se fondre en une seule. Les quinze premiers se débrouillent pour former le conseil officiel. Les quinze autres forment la base d’un conseil de sages. Comme je fais partie des quinze premiers, je veux bien glisser dans le camp des sages en laissant ma place à Chantal par exemple. (Être « Sage ».. c’est bien plus gratifiant que d’être « conseiller », non ?) Cette idée, pas vraiment constitutionnelle, ne me parait, après tout, pas si folle que cela au regard de ce que l’État de choc nous propose actuellement.

À propos de la notion de « possibilité », j’ai été surpris par les formulations réactionnaires de la liste concurrente du premier tour. Qu’ont-ils voulu dire lorsqu’ils parlaient de « réalisme » ? Comment savaient-ils ce qui était raisonnable ? Quelles étaient leurs sources, leurs modalités de connaissance ? Sur quoi s’appuyaient-ils ? La profession de foi de Sylviane avait, au moins, le mérite de ne pas relever de l’incantation magique.

Tous nos concurrents, toutefois, revendiquaient une logique de la clôture. Ce slogan Lavernat « en avant pour demain »… quelle blague ! On lisait gros comme une mairie, que ça voulait dire « avant pour deux mains » : en avant pour deux mains mises sur une gouvernance du passé. Face à ces concurrents en proie au « passé », j’étais heureux, pour cette fois (ce ne fut pas toujours le cas), d’appartenir à une liste en proie au « possible ».

Une petite voix me fait le reproche de polémiquer dans ce contexte complètement catastrophique. Mais une autre voix me dit qu’il faut au contraire poursuivre la discussion. Le confinement physique de notre village ne doit pas devenir celui de la discussion commune sur un « commun », qu’il faut complètement reconsidérer ces jours-ci. Voilà pourquoi j’ai envie de coller cet extrait de journal sur le blog de notre collectif.

À propos de discussion, je suis aussi critique envers le mécanisme de notre propre liste. Depuis le mois de février, je me demande, « au nom de quoi » avons-nous dévoilé sur notre blog les discussions des habitants lors de nos réunions publiques, tout en taisant, simultanément, les discussions internes de notre groupe de candidats ? Je crains, comme la peste, ce clivage entre des discussions que l’on qualifierait d’objectives et/ou de subjectives, d’officielles et/ou d’officieuses. C’est précisément ce clivage que l’on doit contester si l’on ne veut pas que la discussion, et donc la politique locale, s’arrête ou bien se confine. Nous avons eu avec Willy une petite correspondance épistolaire sur ce sujet. Elle aurait sa place sur ce blog.

Plus tard : Les votantes et les votants ont fait du mixage de listes. Ils ont créé leurs propres « collectifs ». Visiblement, face à la logique unitaire de la « municipalité », les gens de mon village préfèrent la logique des « multiplicités ». Notre profession de foi avait le mérite d’en énoncer quelques-unes : il n’y avait pas seulement un collectif de « personnes » sur le visuel, il y avait aussi un arbre, un tracteur, des livres, un bus, des bottes de foin, une table de discussion, des jeux… Surtout, il y avait des « lieux ». Notre « papier » relevait cela : tel ou tel « lieu » du village était collé à telle ou telle idée, suggestion, proposition. Cela montrait une forme d’agencement collectif bien réaliste. La politique « antivirus » nous fait, ces jours-ci, dissoudre provisoirement ces collectifs villageois. Il faut être raisonnable. D’autres manières de faire village vont devoir s’inventer.

Re confinement de l’écriture

J’aborde dans cet extrait de journal du mois de mars des thèmes que je n’ai pas envie de développer aujourd’hui. Le propos, ici, n’est pas tant le contenu de ce texte déposé sur notre site de campagne, que les réactions qu’il entraina. Certains de mes « collègues » s’inquiétèrent de la manière dont la liste « concurrente » pourrait l’utiliser « juridiquement ». À ce point, que nous décidâmes, presque unanimement, de le retirer de notre blog de campagne. Outre que cette décision confirma un des thèmes abordés dans ce texte (grande confiance dans l’objectivité/crainte de la subjectivité), je compris qu’il était inutile de maintenir cet analyseur. Quelques jours avant le second tour du mois de juin, je compris, aussi, combien leur crainte semblait justifiée. La liste adverse déposa, en effet, sur son propre blog, un texte, pour réagir à une déclaration que nous avions faite dans la presse.   L’un « d’entre nous » a adressé un mail aux blogueurs concernés pour leur rappeler quelques faits historiques. Comme il est de mauvais usage de chercher à « avoir » (valeur d’échange) le dernier mot, nous n’avons pas communiqué sur cette réponse (en la déposant, par exemple, sur notre propre site de campagne.

Personne complète et individu temporaire

Le texte confirme au-delà de mes intuitions la mystification des formulations liées à la légitimité de l’instituée, à la vérité et même au droit. Cette expression inflexible me montra, à quel point mon texte du mois de mars pouvait avoir été mal compris. Lorsque j’écris dans cet extrait de journal de campagne, que par exemple, les formulations de la profession de foi de la liste adverse sont « réactionnaires », je n’imagine pas que les gens qui ont écrit ce papier le sont aussi. Je n’évoque pas des personnes complètes, mais des individus de groupe [au sens de Simondon], des colistiers ayant, dans ce moment temporaire, étroit [rikiki même] d’une campagne électorale, écrit des formulations plus « réactionnaires » que « progressiste » Deux mots bien ambigus. Dissociation personnelle. Je est un autre. Je précise, dans ce même texte, que si je me trouvais cette fois-ci du bon côté : « ce qui ne fut et ce ne sera pas toujours le cas ». [Je viens de boire l’apéro avec un voisin agriculteur : je me suis senti, à l’instant, plus « réac » que lui en lui parlant de la manière dont les gens oubliaient d’appliquer les gestes barrières].

Éloge de l’écriture à chaud

Petit moment de panique avant l’élection, le texte attaque directement les femmes et les hommes de notre liste, il s’en prend donc même aux “caractères”, aux « personnalités *», c’est-à-dire, non pas des individus situés, mais à des totalités. D’un point épistémologique, c’est d’une violence inouïe.

Le texte fait la critique [déjà largement commentée ici] du concours de texte libre ; il réaffirme défendre un projet « réaliste ». Pourquoi pas. Mais il oublie que la liste auquel il s’oppose n’a fait nulle autre promesse que de défendre la méthode de la participation. Étrange aveu que d’affirmer que la participation est une promesse irréaliste. Moment de panique, donc. Terragraphie. Cailloux. Écriture à chaud que je salue sans aucune ironie – Il en va de mon authenticité, non d’électeur mais de lecteur – Ce texte est un bel exemple d’une écriture impliquée. Il est traversé de plein fouet par des territoires organisationnels, idéologiques et affectifs. On me déconseille de le recopier sur le site terragraphe. Il a pourtant toute sa place ici. Ma commune administrative fut ces dernières semaines une terre à graphe… à ne pas taire. Voici ce petit texte, donc :   

Nos précisions complètes suite à un récent article de la liste « Lavernat avec vous » :  

Suite à l’article concernant les municipales dans le Maine libre du 24 juin 2020.
Lavernat, ses Nouzillards, ses éoliennes et ses élections !
Depuis des mois la campagne municipale bat son plein à Lavernat.
Comme il y a 6 ans, une équipe nouvelle s’est construite autour d’Auguste maire sortant.
Cette équipe a depuis le début souhaité une campagne propre, sans animosité, préférant investir son énergie dans la présentation d’un projet réaliste.
Aujourd’hui nous avons en face de nous une équipe qui a fait un autre choix, celui de se concentrer sur l’attaque basse et sournoise. 

Une équipe qui a construit sa campagne sur le mensonge et la diffamation.
Est-ce le reflet de traits de caractères et d’ambitions, ou est-ce par manque de vrais sujets intéressants ? 

Une équipe qui n’a pas hésité à utiliser à ses fins, le site de la mairie pour faire passer leurs idées et leurs rancœurs.
Dans le dossier des éoliennes, il est reproché au maire de ne pas avoir fait le nécessaire pour récupérer les taxes auxquelles pourrait prétendre la commune. 

Mais que faisaient les adjoints pendant ce temps ? Étiez-vous présents lors des conseils où le sujet a été débattu ?
Rétablissons la vérité : le sujet a été abordé en conseil municipal, le maire [en accord avec le conseil municipal] a adressé un courrier à la présidente de la Communauté de Communes.
Il lui a été demandé de récupérer la partie des taxes de réseau [IFER] soit 20 % du montant total qui nous est dû.
À ce jour la Communauté de Communes n’a reçu aucune taxe de réseau concernant le parc éolien de Lavernat. Il faudra donc attendre le début de l’année 2021 pour percevoir cette taxe. »
La manière dont on gère sa campagne est souvent le reflet des personnalités qui la mènent.
Alors quand on a en face de soi des femmes et des hommes prêts à tout pour être élus, on peut se poser la question de l’après !
Avec Auguste, nous avons mené ensemble une réflexion sur notre commune et ses habitants. Nous avons construit ensemble un projet. Nous avons travaillé ensemble et mené campagne ensemble. 

Nous souhaitons faire élire une équipe unie et soudée, dans le seul but de défendre les intérêts de nos concitoyens. 

La vérité est donc rétablie dans l’article Ouest France paru ce jeudi 25 juin visible çi-dessous.”

Blog “en avant pour demain” consulté le 28 juin 20

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