Fermettier (sept. 21)

02/09/2021

Ces deux derniers après-midis, débroussaillage autour de l’étang (suite) ainsi que le long du ruisseau d’hiver. Heures intenses, coup de chaud pour la machine et pour moi. Deux pleins de carburant ont été nécessaires, ce qui me parait excessif au regard de l’espace débroussaillé. Ne fonctionnons-nous pas, ces jours-ci (la machine et moi) en surrégime ? Nous n’avons pas fini, mais hésitons à y retourner ce matin. Peut-être faut-il économiser nos forces. L’été humide nous ayant fait débroussailler beaucoup plus souvent que d’habitude, nous ne nous sentons pas trop coupables de repousser pour quelques jours la fin de ce chantier. (Je ne sais pas si c’est le cas pour la débroussailleuse, j’ai, de mon côté, en fait, l’impression que ce chantier n’aura pas de fin).

Comment font mes voisins  pour venir à bout de leur terrain ? Je vais leur demander demain (une fête est prévue).

J’ai essayé de réparer la tondeuse débroussailleuse, mais ai failli avoir le doigt arraché en voulant relancer sa courroie. Je portais, heureusement, des gants très épais. C’est la première fois que je me fais mal avec une machine. Cet incident m’a donné envie d’acheter un microtracteur. Ai consulté les offres locales sur le bon coin.  

07/09/2021

Ai enfin réussi à brosser Fifi hier. (Coco se sauve lorsqu’elle me voit approcher de l’abri).

08/09/2021

Avec la débroussailleuse, fait le contour de la presqu’ile. Un arbre doit être coupé. Ai peu avancé, car la débroussailleuse Stihl marche mal depuis que j’ai malencontreusement fait baigner son moteur dans l’eau de l’étang. (La machine a des ratés et consomme beaucoup de carburant). A propos, l’étang se vide inexorablement depuis que le creusement de la tranchée (enfouissement du câble électrique) a coupé une de ses sources.

Vidange de la tondeuse-débroussailleuse Pubert (1,1 litre d’huile). Mise aussi à sécher le filtre à air de la Stihl.

Ces derniers jours, je me sens dépassé vis-à-vis de mes tâches de fermettier. Cela se répercute sur Nanou qui se sent, elle aussi, dépassée… par mon sentiment d’être dépassé. Elle se demande à quoi sert d’habiter un lieu que l’on n’arrive pas entretenir seul. « C’est toi qui a voulu venir ici, tu m’a dit que tu t’en occuperais ! Tu fais pousser des plantes médicinales que tu ne vends pas, cela te donne beaucoup de travail pour rien, non ? »

10/09/2021

Hier matin, après la réparation de la Stihl (démontage et soufflage du cache moteur), ai débroussaillé autour de l’étang. Ai réalisé un quart de l’étang assez intense entre la presqu’ile et le ruisseau d’hiver. Beaucoup de branches. Heureux d’avoir fait ce travail. Je suis resté sur mes gardes, car j’ai craint faucher un nid de frelons comme ce fut le cas il y a deux ans. Il est rare que je débroussaille dès le matin. Deux heures de machine, une bonne suée.

Dans l’après-midi, ramassage d’un saut de noisettes et d’une dizaine de pommes.

13/09/2021

Ce matin, tronçonnage d’un arbre mort près de l’étang. Ai aussi coupé deux petits arbres poussant près de la maison et de la grange qui aurait gêné la venue prochaine du couvreur).

Mis en tas (derrière la clôture du long du ruisseau) les branches des peupliers coupées, il y a une dizaine de jours.

Ramassage des noisettes (suite).

Une heure de fermettage ce matin, trois heures cet après-midi. Toujours pas d’appel du garage de motoculture pour me confirmer l’arrivée de petites pièces commandées pour la tondeuse-débroussailleuse.

Discussion avec Nanou sur la gestion des travaux de débroussaillage. Elle se demande si c’est utile que je débroussaille au niveau de la clôture du long du ruisseau ainsi que derrière l’étang. Je fais ce travail régulièrement pour laisser de la place à la clôture électrique du pré des ânes. Cela permet aussi d’éviter l’envahissement des ronces (lorsque nous avons acheté la fermette, elles formaient d’immenses taillis). Renoncer à entretenir cette clôture m’embête un peu, mais je me dis que Nanou a raison. Les ânes ne risquent pas de s’enfuir sur ces côtés-là du pré, car il y a derrière un ruisseau qu’ils ont peur de franchir. Étant en pente, cette zone ne peut pas être fauchée par le tracteur de notre voisin qui vient faire les foins. Laisser pousser une friche sur cette pente m’éviterait d’entretenir une clôture électrique qui ne sert pas à grand-chose.

Nous nous sommes fait la même réflexion à propos de la clôture qui longe la route. Je la dégage régulièrement en débroussaillant une bande de deux à trois mètres entre elle et la friche. Au lieu de cela, je pourrais laisser cette friche venir jusqu’à elle et mettre temporairement (le temps que la friche devienne infranchissable) une clôture de piquet jaune entre la friche et le pré.

La création de ces friches-clôtures me permettrait de réduire considérablement mes travaux de débroussaillage. Il me resterait plus qu’à débroussailler les bords d’étang et les deux talus du chemin. Pour me faciliter la tâche, je pourrais m’acheter un broyeur d’accotement. Ce type de broyeur et plus cher qu’un broyeur à plat, il nécessite aussi la présence de quatre prises hydrauliques : cela est à prendre en compte au cas où je me décide à acheter un tracteur. J’attends, à ce propos, que notre voisine Jacqueline me propose un prix pour le tracteur de son mari, Joseph, décédé il y a plus de deux ans.

15/09/2021

Ce matin, juste avant de faire trois quarts d’heure de vélo, ai mis un grillage autour des vieux noisetiers, car les ânes ont commencé à grignoter leurs troncs cet été. C’est un travail qui me paraissait compliqué à faire. Je l’ai, en fait, réalisé en moins de cinq minutes (en savourant le contraste avec tous ces travaux de fermettier que j’imagine simples à réaliser et dont je suis surpris par la difficulté).

Ramassage des dernières noisettes : ai retiré la clôture que j’avais provisoirement mise en place pour empêcher les ânes de les déguster. 

Cet après-midi, trois heures sur le jardin d’herbes. Je sors complètement épuisé par une séquence très sportive de balayage (avec le gros balai) des bâches entourant les plantes médicinales. Ai terminé la séquence allongé sur le dos comme après une course à pied !

Avant, ai désherbé le principal des grandes herbes et j’ai retiré les romarins atteints par la maladie.

Ai trouvé cela très motivant de travailler avec cette idée de venir à bout de ce jardin en une seule après-midi. (En début d’après-midi, je me suis fixé le but de désherber et de nettoyer l’ensemble de ce jardin médicinal en une seule séquence. La visée de cet objectif d’ensemble fut prioritaire sur celle des détails. Je n’ai pas retiré toutes les mauvaises herbes ni balayé à la perfection).

Je compte passer la petite tondeuse avec son panier sur ce qui reste de la mélisse déjà récoltée. Le panier évitera les projections de plantes sur la bâche.

L’effort produit pour balayer ces bâches m’a fait, tout à l’heure, songer à l’achat d’un souffleur.

17/09/2021

Je me suis rendu compte ce matin qu’un simple balai de cuisine était plus précis qu’un gros balai de chantier pour le balayage des bâches. Il est aussi plus léger et moins fatigant à utiliser. Pas besoin, donc, d’acheter de souffleur.

Hier, ai replacé les dalles pour l’escalier menant au potager, puis ai recoupé aux sécateurs, les branches de saules pleureurs longeant l’allée de la maison (je les avaient coupées avec la débroussailleuse Stihl, ce qui n’était pas très beau à voir).

17/09/2021

Je prends peu soin de ce journal (élabore peu d’idée).

J’ai pensé tout à l’heure qu’une partie des travaux dits d’entretien de la fermette était déterminée par la culture ambiante. J’ai laissé pousser une friche au bord de la route, c’est-à-dire dans la partie la plus visible de la fermette vue de l’extérieur. Aurais-je osé le faire s’il n’existait pas un mouvement culturel « pro friche ». Je ne le crois pas.

Lorsque je tonds la pelouse autour de la maison, je ne le fais pas pour satisfaire le regard des « autres » mais le mien. Mais ce regard n’est pas totalement indépendant vis-à-vis de la culture campagnarde sarthoise (anti friche). Il est influencé par cette idée que la nature doit être domestiquée, mise à plat au moins aux abords de la maison.

Habitant d’une brousse, je me contenterai de dégager des voies d’accès si c’est ainsi que l’on fait dans les alentours. Tondre est ma manière de participer à la culture propre à mon lieu de vie. Tondre, c’est cela qu’il convient de faire lorsque l’herbe pousse, par ici. J’aime bien me plier à cette injonction culturelle. À mes yeux, elle a un sens. Elle me permet de revendiquer mon « droit à la ville ». J’avais utilisé cette expression (titrée d’un ouvrage d’Henri Lefebvre) dans un diaporama que j’avais adressé à un de mes neveux, Arthur, pour lui présenter ma vie rurale. Je lui écrivais que je veillais à faire deux choses : 1) entretenir un bon niveau de néguentropie (ranger, entretenir régulièrement) 2) cultiver mon droit à la ville. C’est ainsi que je justifiais (à l’époque de ce diaporama) la création d’une allée de gravier entre le parking et la maison. (Depuis, Nanou a nommé cette allée «droit à la ville »). 

J’ai tondu devant la maison, autour du parking et le chemin. Je me rends compte que j’ai une trop grosse machine pour faire une tonte aussi simple. Elle pollue et m’intoxique. J’ai hâte de rapatrier la petite tondeuse laissée sur notre terrain maritime.

Ai, aussi, pensé qu’avec un microtracteur, la tonte serait bien plus rapide. Cette pensée m’a fait, à nouveau, passer beaucoup de temps sur le site le bon coin pour chercher une bonne occasion. En vain.

20/09/2021

Il y a quelques jours, très bonne séance de brossage des trois ânes. 

J’ai assez bien travaillé cet après-midi. Après le long désherbage du parking, je suis rentrée à la maison. Il était seulement 17 h 7. Plutôt que de me poser devant mon ordinateur, je me suis dit que je pouvais encore faire un effort de fermettier. Je suis ressorti pour nettoyer la partie « est » du tunnel. Ce soir, je me sens bien heureux d’avoir fait ce petit travail supplémentaire.

En ce mois de septembre, je trouve que les choses vont mieux d’un point de vue néguentropique. La pousse de l’herbe (qui a été exceptionnellement intense tout cet été) se calme. Depuis la tonte d’avant-hier, le travail d’entretien urgent devient rare. Ici, d’avril à septembre, l’entropie verte s’emballe. Mon activité de fermettier consiste surtout à maintenir un droit à la ville convenable en parant au plus urgent en attendant que le calme de l’automne revienne.

La continuité de ces entretiens dans ces mois de « pousse » étant chronophage, je me dis (et j’ai dit à Nanou) que si nous étions en vacances d’avril à septembre, je n’aurais qu’un seul entretien à faire en rentrant de vacances.

Je continue à passer beaucoup de temps pour m’informer sur le prix des tracteurs et microtracteurs. Nanou serait d’accord pour que l’on se procure un microtracteur, mais je crains acheter une marque peu fiable. J’opterai plus volontiers pour un tracteur d’occasion. Notamment parce que leurs équipements (par exemple, un broyeur d’accotement) semblent proportionnellement moins onéreux (et plus performants) que ceux des microtracteurs.

J’attends toujours des nouvelles de notre voisine à propos de son tracteur à vendre.

21/09/2021

Le désherbage des principales herbes du parking m’a permis, cet après-midi, de bruler les herbes restantes (notamment les jeunes pousses). Ensuite, débroussaillage rapide des grandes herbes du terrain nord de la maison ainsi que le long du verger (et passage dans le bois). Je pensais utiliser la grosse tondeuse débroussailleuse, mais la courroie est à nouveau HS. C’est la troisième fois que cela arrive cette année. Pour cette fois-ci, je ne m’explique pas la raison. La machine n’a pas été trop sollicitée. Elle s’est contentée de tondre une herbe basse. Une courroie coute 40 euros. Cet incident me fait, de nouveau, songer à l’achat d’un nouvel engin de tonte.

22/09/2021

Ai laissé un message téléphonique à notre voisine, Jacqueline, pour lui demander si elle avait fixé le prix de son tracteur (elle n’habite pas sur place).

Hier, ai appelé un marchand de microtracteurs : il m’a fait une proposition de près 6000 € pour un Iseki deux roues motrices, 19 chevaux avec un giro déporté. Je n’ai pas donné suite. En faisant le tour de la fermette, ai pensé qu’une grosse machine n’était pas forcément adaptée. Plutôt que d’acheter un broyeur d’accotement, je pourrais continuer à débroussailler les talus à la main. Et plutôt qu’un broyeur à plat, une tondeuse à atteler rendrait la coupe de l’herbe plus esthétique. Un microtracteur d’occasion pourrait me suffire pour cette tondeuse ainsi que pour les travaux d’hiver (transport du bois, du fumier).

23/09/2021

Malgré une semaine de soins intensifs, une de nos poules est morte hier soir. Elle est morte sous nos yeux en essayant de s’extirper d’un petit tas de foin que je lui venais de lui poser sur le dos pour qu’elle n’ait pas froid durant la nuit. Je l’ai enterrée ce matin. Anne s’est penchée sur sa tombe fleurie avec un geste très pur, très net, très beau. Elle lui a dit : « merci pour tes bons œufs, tu as bien travaillé, maintenant grâce à toi, je serais plus réactive pour soigner les autres poules ».

23/09/2021

J’ai passé la débroussailleuse sur les talus autour de la maison, autour des allées, sur les tas de terres (présents dans le jardin dans l’attente de l’enfouissement du réseau électrique). Mon choix, plus ou moins contraint, de tondre par « petits bouts » me donne l’impression de toujours être en train de tondre et, surtout, d’être toujours en train d’écrire dans ce journal que je suis en train de tondre. Je rêve de pouvoir tout tondre et débroussailler en une seule journée. Cela aurait l’intérêt de donner un effet d’ensemble à ce travail. C’est le cas aujourd’hui : les prés ayant été fauchés tardivement, nous nous retrouvons avec une fermette presque uniformément tondue. C’est assez rare.

Je viens de repérer douze espaces d’entretien  sur la fermette : six serait à tondre régulièrement. Six, plus occasionnellement. Ce repérage me permet d’envisager la prochaine saison de tonte avec plus de clarté et de sérénité. Mieux équipé, il se pourrait même que je trouve cette activité bien dérisoire. Tondre deux fois six espaces sur une même journée pourrait, un de ces jours, me faire écrire sans ce journal : « tondre dans cette fermette, ce n’était donc que cela ! ».

  • N° 1 : boite aux lettres et bord de route.
  • N° 2 : chemin et ses deux talus.
  • N° 3 : contours et talus du jardin de simples.
  • N° 4 : devant maison, terrain de jeux et autour parking.
  • N° 5 : derrière maison de la fosse septique au tunnel et à l’abri.
  • N° 6 : verger.
  • N° 7 : le pré de noyers.
  • N° 8 : le long du bois nord.
  • N° 9 : le long du ruisseau nord.
  • N° 10 : le tour de l’étang.
  • N° 11 : le pied des peupliers.
  • N° 12 : le long de la clôture électrique ouest.

24/09/21

Je n’ai rien fait aujourd’hui. Ai juste profité des lieux.

28/09/21

Les techniciens sont enfin venus installer le fil électrique dans le fourreau enterré en mai. Ils ont été gênés par un petit nid de guêpes. Ils ont pensé appeler les pompiers, puis se sont contentés de les tuer avec une bombe aérosol. En commençant à tirer le câble, l’un des employés a râlé : « ça ne va pas marcher ! On ne va pas y arriver, je vais casser la ficelle ! ». Son collègue était heureusement plus optimiste. « Continue à tirer ! ». J’ai pensé, quelques secondes, que la tranchée serait à refaire. Grand soulagement en voyant le passage complet du câble électrique.

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