Fermettier (mai 2021)

Lundi 10 mai 2021

De la pluie depuis une semaine (27 mm). L’herbe de la praire pousse enfin, mais je n’ai toujours pas commencé à tondre la pelouse : une première depuis mon arrivée sur ce site (18 ans). Huit poussins sont nés. Les poules les protègent à grands cris et à grands battements d’ailes dès que les ânes essaient de les approcher. J’ai refait un nouveau poulailler dans l’abri (plus petit, plus bas et plus joli). J’ai, en fait, remis toutes les affaires de bricolage dans cet abri (je les avais toutes déplacées de cet endroit vers la grange il y a moins d’un an). L’activité m’a occupé toute la dernière semaine. Je n’ai pas seulement transvasé les affaires, j’ai construit des étagères et réparé notre établi du 19e siècle (Zacharie Bironneau 1861-1935). J’ai fixé l’ensemble comme je l’avais fait pour les livres. Il y a un an, je pensais déménager et mon rangement s’organisait autour de la facilité à détacher les affaires du site. Depuis que nous avons décidé de rester ici, je les fixe aux murs.

Lorsque le couvreur a terminé la toiture de la grange, je me suis dit qu’elle méritait mieux que d’abriter des matériaux et outils de bricolage. J’imaginais installer mon séchoir à plantes dans l’abri, mais la configuration du nouveau toit de la grange avec sa double aération latérale (grâce à l’absence de coyau) parait plus propice au séchage. Les pierres du mur de la grange me semblent, aussi, entrer plus en harmonie avec les plantes que j’imagine entreposer. La grange est enfin plus accessible à d’éventuels visiteurs si un jour je me lance dans un petit commerce avec ces plantes. L’aménagement définitif de ce lieu d’herbes pourra se faire cet été à la fin des travaux (pour le moment, la grange abrite une partie des matériaux destinés à la couverture).

Pour l’abri, je n’ai trouvé l’idée définitive de son aménagement qu’après trois jours de cogitations infructueuses. Le déclic s’est produit lorsque j’ai renoncé à utiliser le premier poulailler que j’avais construit le mois dernier. Je l’ai recyclé en magasin de matériaux (bois, cordes, fer, chiffon, plomberie, électricité, etc.). Pour les outils, j’ai renouvelé mon rangement par fonction : des caisses plastiques (pas trop hautes) réunissent des « ça tape », « ça visse »,  “ça boulonne”, “ça râpe”, “ça coupe”, “ça pince”, “ça scie”, “ça colle », ça agrafe », « ça soude »…

Samedi dernier (le 8), j’ai invité Nanou à boire l’apéro pour inaugurer ce nouvel abri. Sur mon carnet manuscrit, je note le 06 mai «  un plaisir fabuleux à ranger et à créer ce nouvel espace. Quel bonheur, ce beau temps, ces bonnes couleurs, ces bonnes énergies, ce chant continu des oiseaux, cette impression de vivre hors du temps, de faire ce que j’aime, d’être en phase avec mon lieu ».

(…)

Contrairement à Nanou, peu de travail de travaux de jardinage cette semaine (un seul arrosage sous le tunnel). Les pommes de terre sont génialement belles grâce, certainement, à l’amendement organique de cet hiver.

À propos de sol, je me suis penché sur la géologie de notre fermette. Le sol argilo-calcaire à silex a été formé au crétacé supérieur (il y a 100 millions d’années si j’ai bien noté) avant d’être altéré par l’eau notamment. Ici, lorsque la nuit approche, une ombre d’eau recouvre comme une « mère » l’ensemble de la vallée. Les terres de notre fermette sont situées au démarrage de cette vallée dont il n’est pas difficile d’imaginer qu’elle fut recouverte d’eau dans ces temps oubliés.

Vendredi 21 mai 2021

Hier, j’ai ramassé une vingtaine de clous d’ardoise tombés lors de la découverture de la grange (en ai profité pour désherber une partie du parking). Ensuite, première tonte de l’année (chemin communal, parking et devant « maison »). Ai tondu aussi l’emplacement de la future tranchée où sera enterré le fil électrique. Ayant refusé l’installation de poteaux, nous devons nous débrouiller pour enterrer sur 125 mètres (et sous 80 cm) une gaine rouge de 110 mm de diamètre. Ce diamètre étant peu courant (on utilise habituellement du « 90 mm »), nous avons dû, mercredi, faire un aller-retour à Vitré (en Bretagne). On a, ainsi, trimbalé un joli chargement de remorque qui méritait bien une photo.

La semaine dernière, j’ai rangé et nettoyé la grange pendant trois jours : le sol était jonché de morceaux de tuile, de bois, de paille (et des objets « trainaient » encore). J’ai posé une barrière sur la « mezzanine » de la grange où je vais faire sécher les plantes cet été. Cela donne un effet « fun » qui donne la possibilité, d’après Nanou, de faire aussi de ce lieu un dortoir.

Bref, dix jours de « fermettage » assez intense qui ne m’ont pas laissé beaucoup de temps pour méditer sur ce « moment ».

La camomille (qui s’est ressemée comme une grande) commence à fleurir sous le tunnel. Les pommes de terre butées le 25 avril mesurent 40 cm (ai fait un seul arrosage sous le tunnel). Ce ne fut pas utile pour les plantes à l’extérieur (24 millilitres de pluie sont tombés ces sept derniers jours).  

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